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Mushfig ALIMAMEDOV, habitant de KhodjalyFuyant la ville, il a été blessé et laissé pour mort dans la neige pendant deux jours: ...Nous avions des armes: des armes automatiques, des fusils. Mais nous n'avions ni munition ni provision. Nous étions totalement asphyxiés et extenués par un long blocus imposé par l'armée arménienne. Le 25 Février, les Arméniens ont commencé à tirer à minuit. Les forces armées et des véhicules blindés ont lancé l'assaut. Ils ont d'abord pris l'aéroport et l'ont incendié. Ils n'ont epargné personne, ni même les vieillards, les femmes ou les enfants. Beaucoupde familles ont été enfermées dans leurs maisons et brûlées vives, particulièrement près de l'aéroport. Une horrible odeur de chaire brûlée me hante encore... La plupart des miliciens défendant de la ville sont morts au combat. Les survivants tentaient de s'enfuir dans les bois, en route vers le village de Shelli pour ensuite aller à Agdam. Ils sont tombés dans des embuscades près du village Arménien de Nakhichevanik sur la route d'Agdam. Beaucoup de personnes ont été tuées dans les embuscades près du village. Le directeur de l'aéroport, Alif Hadjiyev a été tué ici. Ils était resté pour secourir un groupe de femmes. C'est lui qui avait orgénisé le bon travail fourni à l'aéroport. Les Arméniens avaient deja mis sa tête à prix auparavant. MINESH ALIYEVA, 50 ans, habitant de Khodjaly, blessée par balle au bras...Nous avons erré dans la forêt, trébuchant dans la neige profonde. Au moment où nous traversions la route j'ai reçu une balle dans le bras. Je suis tombée et je n'ai pas pu me relever. Des tirs soutenus venaient des bois et des abris où se cachaient les soldats arméniens. Alif m'a attrapé et m'a trainé vers l'arrière puis il s'est précipité dans les buissons pour se cacher et répliquer aux tirs arméniens. Les tirs venant des bois se sont tûs peu après. Alif a crié aux femmes couchées au sol d el'autre coté de la route, leur ordonnant de traverser dès que possible. Il tirait de manière sporadique et à chaque fois, les tirs arméniens cessaient quelques instants. Une vaingtaine de femmes ont réussi à traverser la route. Au moment où Alif rechargeait son arme, les Arméniens ont répliqué. Ils l'ont eu en plein front, c'était horrible à voir... ELMAN MAMEDOV, chef du pouvoir executif...L'attaque de la ville a commencé avec un pillonage à l'artillerie qui a duré 2 heures. Les soldats Arméniens tiraient de leurs tanks avec des armes de type 'Alazan'. Nous étions bloqués des trois côtés. La seule issue était la vallée d'Askeran. Quand l'infanterie arménienne a lancé l'assaut, toute la ville deKhodjaly a été détruite. Quasiment tous les habitant ont été executés, soit dans la rue soit chez eux. Nous nous sommes caché et avons essayé de défendre la ville jusqu'à 2 heures du matin, mais nous n'avons pas pu tenir plus longtemps, le peu de miliciens azéris et les civils qui restaient ont dû s'enfuir. Nous avons traversé la rivière, elle était glaciale, pour nous diriger vers Keteen (montagne). Plusieurs personnes sont mortes sur la route, gelées. Nous avons marché jusqu'à 7 heures du matin et nous sommes sortis des bois près de Nakhiche-vanik, un village arménien. Nous nous sommes retrouvés pris au piège dans une gorge où les Arméniens, armés d'armes automatiques nous attendaient dans des véhicules blindés. C'est là que réel massacre a commencé. Les Arméniens ont tiré, ils ont tiré sur la foule de civils innocents, sans arme et sans défense. De nombreux femmes et enfants sont morts là. Quelques personnes s'enfuyaient vers le village de Gulably où environ 200 personnes ont été prises en otage. Nous avions aidé les survivants et une partie des habitants de la ville ont pu arriver jusqu'à Agdam. Sept de mes amis qui m'accompagnaient n'ont pas réussi à se sortir de l'ambuscade, c'était trop tard, mais nous avons eu de la chance; nous avons trouvé un endroit à couvert. Nous nous sommes cachés là de 9 heure du matin à 20 heure . Nous n'avons réussi à sortir de notre cachette que dans la soirée, quand il a commencé à neiger, et nous avons réussi à atteindre Agdam le lendemain, 27 Février, au petit matin. SANUBAR ALEKPEROVA, habitant de Khodjaly... Hasanabad, Mehdikend, Bozdagy - ce sont les noms des endroit d'où ils nous tiraient dessus. Le sol a littéralement frisonné au son des véhicules blindés détruisant tout Khojaly. Au début nous avons dit aux femmes et aux enfants de se cacher dans les sous-sols. Puis Elman Mamedov, chef du pouvoir executif, est arrivé et nous a dit qu'il fallait absolument s'enfuir, sinon nous allions tous être massacrés. Le directeur de l'aéroport, Alif Hadjiyev, a organisé une percée à travers les lignes Arméniennes pour emmeber les civils Azéris vers Agdam. Mais nous sommes tombés dans une ambuscade près du village de Nakhichevanik. Je n'oublierai jamais ce que j'ai vu là bas: les collines étaient tapissées de cadavres. Ma mère avait été tuée par balle. Mes filles Hidjran et Sevindj étaient blessées. A ce moment là j'ai pris une balle. Des jeunes filles étaient mortes de leurs blessures, dans la neige. JAMIL MAMEDOV, habitant de Khodjaly.Les tanks et les blindés légers ont détruit toutes les maisons et écrasé les gens dans la rue. Les soldats Russes étaient suivis par les bandits et les soldats Arméniens. J'ai attrapé mon petit-fils de 5 ans et 14.000 roubles et j'ai courru vers les bois. J'ai enlevé mes vêtements et enroulé mon petit-fils dedans pour qu'il ne meure pas de froid. Mais ça ne suffisait pas. Nous avons dû nous enfouir, avec l'enfant, dans la neige pour nous cacher. TALYBOVA, habitant de Khodjaly....Ils nous ont emmené au cimetière arménien. C'est très difficile pour moi de décrire ce qu'il s'est passé là bas. Quatre jeunes Turcs-Meshkètes (ils ont fui l'Uzbekistan et ont trouvé refuge en Azerbaïdjan - Note de l'éditeur) ont été executés sur la tombe d'un milicien Arménien, en sacrifice pour sa mort. Puis ils ont decépité les cadavres des quatre jeunes. Un peu plus tard, les soldats et bandits arméniens ont torturé les enfants devant leurs parents. Puis le camion est arrivé, ils ont jeté tous les cadavres dans un ravin. Mais tout celà n'a pas suffi à assouvir leur soif de sang, ces espèces de prédateur déguisés en humain ont amené deux Azerbaïdjanais vêtus de l'uniforme de l'armée azérie et leur ont crevé les yeux avec un tournevis... DJANAN ORUDJEV, habitant de Khodjaly....Nous avons essayé de percer à travers les bois pour nous refugier à Agdam, mais nous avons été pris dans les tirs Arméniens près du village de Nakhiche-vanik. Beaucoup de femmes et d'enfants ont été touchés et tués à cet endroit. Mon fils est mort également, il avait à peine 16 ans. Ils ont emmené ma fille de 23 ans et ses deux enfants, des jumeaux. Ils ont aussi emmené ma fille de 18 ans, enceinte. Je vous supplie de les secourir... KHANLAR HADJIYEV, chef du service mecidal du Ministère de la Défense Azéri.C'est là que l'on pouvait voir le vrai visage de cette guerre, cruelle et insensée. Les hommes aux intestins éparpillés sur le sol à cause d'un grenade, les femmes en fuite mortes de froid, l'enfant de 3 ans à la jambe amputée. Il avait été touché par une mitrailleuse gros calibre. La fille torturée, le visage mutilé au couteau... ...Même la population de Bakou ne pouvait pas s'imaginer ce qu'il se passait ici. Notre convoi médical a été envoyé sur les lieux des massacres car les médecins locaux étaient incapables de traiter autant de blessés. Tous nos médeceins étaient volontaires. Ils étaient préparés à tout, mais ce qu'ils ont vu les a quand même choqué. |
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